Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 19:56
 

 

  RESSOURCES ÉNERGÉTIQUES : ENJEUX ÉCONOMIQUES
 

 

Tougarih Haitam - Haitam Tougarih Ressources énergétiques : Enjeux économiques - mémoire sur les enjeux économiques rencontrés au niveau des ressources énergétiques dans un contexte de déréglement du climat.

 

Haitam Tougarih    Université de Lille I                                 
Master1 Contrôle de gestion Audit organisationnel                                                                        31/08/2021

Tougarih haitam Ressources énergétiques : enjeux économiques économie croissance décroissance dérèglement climatique pollution carbone co2 ges gaz à effets de serre complexité

 

I. INTRODUCTION

De tous temps les ressources énergétiques ont permis la production de biens nécessaires à l'humanité, révélant des enjeux économiques ignorant souvent ceux de l'écologie.

Ce modèle est bousculé par des changements majeurs et l'écologie s'est rappelée à nous. Disons qu'elle s'est fait connaître. Partout dans le monde le climat se dérègle à une vitesse exponentielle en partie à cause de l'utilisation de certaines énergies considérées aujourd'hui comme néfastes. D'autre part, l'économie mondiale se révèle en crise devant les fortes incertitudes que représente l'épuisement des ressources.

Pourtant, sur ces énergies sont plaqués nos modèles de croissance. Une économie pantelante, une écologie grondante se font face sans se rencontrer. La nature expire, l'humanité soupire et l'économie empire. Les scientifiques tirent la sonnette d'alarme. Les écologistes jettent un pavé dans la mare !
Des groupes se forment, des rapports sont produits. Les états et les gouvernements prennent conscience de l'urgence climatique dans certains pays. Dans d'autres, l'énergie fossile doit alimenter l'économie coûte que coûte, urgence climatique ou pas !

Quelles sont les mutations connues ou en prévision au niveau des énergies ? Et comment de fait envisage-t-on ce qui est en jeu au point de vue économique dans le contexte du XXIe siècle en France ? Saura-t-on prendre les mesures qui s'imposent aux niveaux énergétique, économique et aussi écologique ?

L'étude entreprise ici pourrait être mondiale mais le choix s'est porté sur la France, plus précisément sur la période actuelle en lien bien sûr avec l'histoire des énergies et de l'économie, sans nous empêcher de situer nos propos en comparaison à d'autres données mondiales. D'ailleurs il est difficile de ne pas évoquer les interactions de la France car l'énergie est très largement importée en France.

 

II. LES ÉNERGIES DU DÉBUT DE L'HUMANITÉ À NOS JOURS

De tout temps l'homme aura utilisé l'énergie pour subvenir à ses besoins. Au début de l'humanité, la seule façon pour l'homme de survivre consiste à utiliser sa propre énergie. C'est grâce à ses muscles et sa tête qu'il cueille, qu'il chasse puis qu'il conçoit des outils répondant à ses besoins et un jour, il y a à peu près 450 000 ans de cela, il invente le feu en partie avec du bois et des mouvements répétés. Grâce à cela il économise son énergie car manger des aliments cuits en nécessite moins. Celle-ci profite au cerveau dont la taille évolue. L'histoire de l'humanité a fait un grand pas en avant.


L'évolution humaine poursuit son cours. Pour une bonne partie de l'histoire des énergies, les éléments en fournissent avec l'aide de l'inventivité humaine. Ici en France au Moyen-âge, les moulins intègrent les paysages. La force du vent et de l'eau permettent l'irrigation des zones cultivées et permet de moudre le blé. Toutes sortes de moulins voient le jour partout dans le monde. Sans doute une des premières révolutions technologiques, sans oublier les prouesses des autres civilisations qui ont également fait avancer techniquement cette évolution de la machine (Civilisation arabo-musulmane et chinoise par exemple).


La situation à l'aube de la révolution industrielle est différente de cette même époque, de même qu'elle le sera plus tard, dans les années 80 et jusqu'à la fin du XXe siècle. Car les actions de l'homme du passé ne détruisent pas l'environnement. On le sait maintenant, c'est l'utilisation des énergies fossiles qui changera la donne.

Vers 1880, l'utilisation du charbon est massive. C'est en Angleterre que débute la première révolution industrielle puis en France au début du XIXe siècle. Et très rapidement elle s'étend vers d'autres puissances. Partout l'industrie se développe, tout le monde a du charbon sur les mains. Cette révolution industrielle s'inscrit dans un cadre formel tout autant que l'économie de cette période.

Le XXe siècle verra progressivement arriver de nouvelles énergies et de nouveaux moyens d'en produire : le gaz, le pétrole, l'électricité, le nucléaire et l'hydroélectricité. Les industries en demandent toujours plus. L'environnement commence à souffrir. Les premiers écologistes alertent, ils ne seront pas pris au sérieux...Les nouvelles technologies se développent, encore et toujours, nous sommes au XXIe siècle.

 

III. ÉCONOMIE : DES CYCLES ET DES MODÈLES DANS LE TEMPS ET L'ESPACE

De nos jours, il semble que l'urgence climatique doive être entendue par tous car la dégradation écologique prédite est de plus en plus palpable. Il faut prendre en compte l'environnement. Les enjeux économiques et les enjeux écologiques doivent s'accorder et s'harmoniser sur de nouveaux modèles dont les principaux sont encore à inventer. Bref l'idéal serait d'aborder une vision globale pour agir avec lucidité pour l'ensemble de la planète tout en tenant compte des spécificités de chaque continent, de chaque pays, de chaque région, de chaque ville afin d'atteindre l'équilibre dynamique nécessaire.

 

IV. LES ENERGIES EN QUESTION

Pour bien étudier la notion d'énergie, il est important de distinguer les différents statuts des ressources énergétiques en question. Cela peut sembler simple, il y a des énergies primaires et des énergies secondaires. La première se trouve à l'état brut dans la nature et la seconde découle d'une énergie primaire.

Cela dit, pour utiliser une ressource énergétique primaire, il faudra selon le cas l'extraire, la transformer, la conditionner, etc. Idem dans le cas de la transformation d'une énergie primaire en une énergie secondaire. Par exemple, on peut en gros imaginer le nombre d'opérations nécessaires pour transformer du charbon en électricité ! Ou du pétrole en électricité ! Ces différentes étapes ont un coût, même au moins deux : le coût financier et le coût écologique. En effet à différents stades de leurs transformations, certaines énergies produisent aussi des dégâts écologiques.

Avec l'évolution, on distingue maintenant ces énergies par des concepts de durabilité. Certaines ressources sont en fait épuisables. Un jour elles disparaîtront. On les appelle les énergies non renouvelables. Il faut donc distinguer les ressources énergétiques non renouvelables de celles renouvelables qui pour la plupart existent déjà aujourd'hui ou verront le jour dans la recherche et les efforts que l'homme mettra à les trouver ou à les inventer. Notons qu'on définit aussi « Ressources économiques » par l'idée d'un stock quantifié et retenons qu'il est nécessaire d'avoir des ressources énergétiques (ou naturelles) pour fabriquer de l'énergie !

Le progrès et la concurrence entre les différentes énergies ont vu l'émergence d’autres stratégies énergétiques ou encore à l'étude dans les bureaux. Finalement tout n'est pas si simple et même terriblement complexe !

IV.1. Les énergies non renouvelables

On le sait maintenant les sources d'énergie ne sont pas inépuisables. Leur stock a une durée de vie, comme n'importe quel stock de marchandise, sauf qu'on calcule cette durée de vie sur des échelles qui nous dépassent ! Ce sont les énergies non renouvelables. On ne peut pas en produire d'autres. Car ce n'est pas nous qui la produisons. Le stock de ces ressources s'est constitué sur des échelles très impressionnantes. Les énergies primaires dites non renouvelables sont aussi appelées des énergies fossiles. Cela donne une idée. C'est un stock qui s'est constitué depuis environ 400 000 ans. Les éléments qu'ils contiennent se transforment en CO2 (Dioxyde de carbone) lorsqu'on les brûle.

Le pétrole : Après extraction, le pétrole est transporté vers des raffineries pour sa transformation. Le pétrole permet d'obtenir des produits énergétiques et des produits chimiques. Les produits énergétiques, ceux dont on parle ici, représentent à peu près 80% et sont déclinés en essence, diesel, kérosène, fuel...Ils sont extraits par distillation. Rappelons qu'en France il n'y a pas de pétrole et en Europe les sources sont surtout en Russie (extraction classique) et en Norvège (extraction en mer sur des plateformes offshore.). Nous l'avons vu plus haut, les réserves de pétrole s'amenuisent forcément.

On devrait donc le remplacer par une autre source d'énergie. Certains prétendent qu'on pourra encore trouver du pétrole (mais la quantité est incertaine) et qu'on ne peut pas s'en passer. Mais il le faudra bien car l'extraction du pétrole crée des problèmes environnementaux. Le transport du pétrole peut être hautement à risques (Naufrage de l'Amoco Cadiz, de l'Erika, une longue liste, etc.) et les marées noires provoquées ont dévasté la biodiversité. Le point encore plus néfaste pour la planète est le fait que la combustion du pétrole (et de toutes les énergies primaires et secondaires) produit une libération de CO2 qui dégrade la couche d'atmosphère, cela a été dit plus haut.

Et c'est aussi le cas du charbon et du gaz naturel. Ils sont utilisés pour le chauffage et la production d'électricité. Ce sont aussi des exploitations coûteuses. Le gaz surtout est difficile à acheminer. Dommage car il produit moins de dioxyde de carbone que le pétrole ou que le charbon !

Le gaz de schiste est un gaz naturel dont l'extraction est interdite en France. Des enquêtes ont prouvé que cette énergie est très dangereuse pour la planète. Pourtant c'est l'énergie de substitution adoptée par les États-Unis et par la Grande-Bretagne entre autres.

L'énergie nucléaire : sert-elle aussi à produire de l'électricité grâce à l'uranium, le plutonium ou le thorium. C'est également une ressource énergétique primaire non renouvelable mais, contrairement aux précédentes, on l'appelle fissible en rapport avec la fission des atomes d'uranium.

IV.2. Les énergies renouvelables

Ce type d’énergie dite vertes permettent de substituer les énergies non renouvelables ainsi que les énergies émettrices de carbone et de gaz à effet de serre (figure 1).

Haitam Tougarih énergies renouvelables collaborateur comptable master 1 IAE Paris économie et énergie gestion des changements enjeux économiques ressources énergétiques
Figure 1. Les energies renouvlables. Illustration par Par Melanie Maecker-Tursun -Melanie Maecker-Tursun, www.ponymithorn.com.

 

Dans la figure 1 sont représentées les énergies renouvelables : éolienne, solaire, biomasse et eau qui permettent la transformation en électricité. Toutes ses énergies sont possibles grâce principalement aux mouvements de la terre et du soleil. Il s’agit en particulier de :


L'hydraulique : C'est cette énergie que l'on utilise depuis la nuit des temps grâce au mouvement de l'eau. Nous avons parlé des moulins à eau, il s'agit de l'énergie hydraulique.

L'hydroélectrique : Cette énergie est basée sur l'eau et la conversion de son mouvement en électricité au moyen de barrages

.► L 'éolien : L'énergie éolienne est une énergie renouvelable. Elle ne produit aucun
rejet dans l'atmosphère.

Le solaire : L'énergie solaire peut être proposée en thermique ou en photovoltaïque.

La géothermie : il s'agit d'exploiter la chaleur se trouvant sous la terre comme celle des volcans ou des sources d'eau chaudes. Elle produit de la vapeur. C'est aussi une énergie utilisée depuis l'Antiquité.

La biomasse : Pour remplacer les produits pétro sourcés, il est possible de remplacer le pétrole par de l'huile végétale avec du méthanol et un catalyseur. Cela permet de produire du bio diesel non pétro sourcé. Un sous-produit de cette opération, le glycérol, peut être utilisé pour d'autres produits et valoriser ainsi le biodiesel qui n'est pas très rentable économiquement parlant (voir la présentation du doctorant Valentin Skrzypczak sur la WebTV de l'Université de Lille.). La biomasse est formée de sous-produits ou de coproduits végétaux comme les tourteaux, résidus de production de l'huile alimentaire végétale.


IV.3. La problématique de l'énergie

Comme nous l'avons évoqué précédemment, les stocks d'énergie fossiles sont non renouvelables. Les stocks s'amenuisent, l'éventualité de trouver d'autres sources n'est peut-être qu'incertaine, les coûts liés aux différentes opérations sur ces produits sont importants par rapport à la rentabilité économique. Il est vrai que la déperdition d'énergie peut être importante dans toutes ces productions.

Au-delà de l'indisponibilité envisageable des ressources fossiles, un autre élément dont nous avons parlé, et non des moindres est que ces énergies émettent du CO2 (dioxyde de carbone) qui représente une partie importante des GES (Gaz à effet de serre qui comprend aussi le méthane imputable au gaz et au pétrole et également à l'élevage de bovins). C'est le paradoxe de ces combustibles ! Car s'ils peuvent nous chauffer, nous transporter, et un tas d'autres choses vitales, ils nous tuent également à petit feu. Ils provoquent ce qu'on appelle le réchauffement climatique.

Les problèmes autres, liés à l'économie du pétrole, du charbon, du gaz naturel et de l'énergie nucléaire engendrent des catastrophes dramatiques pour la planète. En ce qui concerne le nucléaire, on se souvient tristement des catastrophes nucléaires de Tchernobyl et de Fukushima.

Les déchets toxiques issus de l'énergie nucléaire sont aussi très importants dans l'exploitation du nucléaire. Ces produits radioactifs constituent un dangereux problème auquel pour l'instant aucun moyen n'existe pour y pallier. Le pire c'est qu'ils ont une existence très longue, plusieurs centaines de milliers d'années...Un autre problème lié aux réacteurs nucléaires est qu'ils émettent une importante chaleur.

Le paysage énergétique est devenu très complexe. Et encore, nous ne parlons pas ici de certains épisodes comme celui du pétrole de schiste, un hydrocarbure fossile très dangereux pour le climat. L'histoire de l'énergie est remplie de dérivés en tous genres, de tests, d'acharnement économique et financier pour faire illusion, stratégie sans toutefois pouvoir gagner de l'argent...Et tout le monde n'y a pas accès...Car aussi grave que le problème écologique, le problème humain, des populations subissant les dérèglements climatiques causés par les pays industrialisés et ne pouvant y faire face. L'éternelle fracture Nord/Sud.

 

V. LE CLIMAT, PREMIER RÉVÉLATEUR DES PROBLÉMES ENVIRONNEMENTAUX LIÉS À L'ÉNÉRGIE

Au niveau climatique, on nous annonce les pires horreurs d’ici 30 ans. Et ceci n’est pas un film. C'est la réalité. Cet été 2021 peut en être la preuve : climat déréglé, inondations, incendies massifs dans toutes les régions de France, d'Europe ou du Monde. Une des phrases du rapport final de la Convention Citoyenne pour le Climat exprime l'urgence de la situation au regard des crises énergétiques et économiques : « Nous ne sommes pas uniquement devant le choix d’une politique économique pour faire face à une crise économique, sociale et environnementale, nous devons agir sans plus attendre pour stopper le réchauffement et le dérèglement climatique qui menacent la survie de l’humanité ».


Cette phrase pose clairement les enjeux : L'humanité ira vers sa fin si nous ne changeons pas nos modes énergétiques et si nous ne choisissons pas une autre façon de penser l'économie.

Serait-il trop tard ?

Déjà annoncé par le GIEC (Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat), les conséquences du réchauffement climatique sont graves et les rapports de ce groupe d'experts qui fait référence sont à prendre très au sérieux. Un scoop annoncé par l'AFP le 23 juin 2021 sur le prochain rapport à paraître en février 2022 fait état « d'un diagnostic plus alarmant que jamais sur la vitesse et les conséquences du réchauffement climatique ».

Lors de son rapport de 2018, le GIEC pointait qu'il nous restait à peu près 10 ans pour limiter du réchauffement climatique. Cela voudrait dire qu'il nous en reste 7 aujourd'hui, peut-être moins si le scoop de l'AFP (repris par Les Échos) est exact.

Trop tard ou pas il faut agir car l'INED (Institut National d'Études Démographiques) prévoit que nous serons 9 milliards 735 034 en 2050. Nous ne pouvons parler d'énergie et d'économie sans aborder l'écologie et l'humanité !

 

VI. LES ENJEUX ECONOMIQUES I

VI.1. Économie et Énergie

Nous le savons tous, l'énergie est d'une grande importance pour une économie ! Il n'est qu'à analyser les budgets publicitaires des producteurs d'énergie pour s'en rendre compte. Plus globalement, l'énergie est aussi le symbole d'une économie et au-delà elle reflète toute la puissance d'un pays, d'un continent ou d'un groupe de pays. Elle permet au pays de produire, de vendre mais aussi de faire la guerre, hélas. L'économie d'un pays n'est rien sans énergie et l'industrie, principal rouage de l'économie, est énergivore.

Avec l'avènement de la mécanisation au XIXe et jusqu'à ce qu'on appelle aujourd'hui la technique, nos interférences avec les machines ont provoqué des consommations très importantes d'énergie. Les techniques numériques de l'information et de la communication sont très très énergivores et depuis le marché de la data, des super concentrateurs pour le traitement des données et les sauvegardes orchestrés par de supers calculateurs. Ce qu'on appelle également la big data, c'est aussi l'avancée massive de l'I.A. (Intelligence Artificielle) et bien sûr les GAFAM (réseaux Google Apple Facebook Amazon Microsoft). L'utilisation débridée de l'Internet est une activité qu'il ne faut pas oublier dans les besoins énergétiques mondiaux. On a tendance à toujours penser à l'Industrie mais le Tertiaire est un énorme consommateur d'énergie.

La réflexion concernant les enjeux économiques semble aujourd'hui se situer assez loin derrière le champ des ressources énergétiques. Pour les pays en développement, ils sont dans un dilemme aveuglant : ils doivent maintenir leur développement mais aussi penser à la planète. On songe notamment à la Chine et aux pays émergents qui, en plein développement, ont fondé leurs enjeux sur la mondialisation, la production, la commercialisation et donc l'énergie ! Et la concurrence entre les grandes puissances économiques fait qu'ils ne comptent rien lâcher pour la planète. Par exemple, la Chine est très consommatrice de charbon. Si bien que ce pays est un des plus pollueurs au monde. Néanmoins il semblerait que devant certains facteurs, l'extrême pollution soit prise maintenant en compte. Intérêt réel pour l'écologie ou enjeu économique ? Il semble qu'on ne peut pas scier la branche sur laquelle on est assis. Et les chinois commencent à planter des arbres pour assurer leur croissance à venir. D'autant plus que la démographie de la Chine, qui était jusque-là stagnante avec la politique de l'enfant unique s'est énormément développée. L'enjeu porte donc aussi sur la capacité de développer encore ses industries pour nourrir sa population plus importante (Les chinois ont maintenant le droit d'avoir 3 enfants).

Si le problème de changement de cycle n'est pas pensé et anticipé, nous allons sans doute vers un chaos. Si nous n'avons pas trouvé et mis en place de nouveaux modèles, nous risquons de ruiner notre économie !

Pourquoi ? Ne sommes-nous pas aptes à poser de nouveaux enjeux, qu'ils soient économiques, énergétiques et écologiques ? Non, bien sûr ! Nous sommes parfaitement capables de nous rendre dans d'autres planètes à des échelles « privées » pour des voyages touristiques qui remportent un franc succès au niveau des marchés mais qui ruinent l'écologie et nous ne pourrions pas imaginer avec nos neurones pour seul carburant comment renverser la vapeur et tenter de sauver notre planète, tenter de faire face au dérèglement qui la menace ?! Bon, on pourra toujours rétorquer que les expéditions des deux milliardaires Richard Branson et Jeff Bezos avec bientôt celle d'Elon Musk (milliardaire lui aussi !) ont su intéresser les investisseurs.                                                                                                                                                        9

VI.2. Croissance et Écologie

Si nous émettons moins de produits dangereux pour l'atmosphère, le climat pourrait se réguler. Lorsque qu'on parle de croissance, on parle forcément de quantités d'énergies plus importantes pour soutenir cette croissance.

Quel est l'impact environnemental de l’activité ? Si la croissance doit s'inquiéter des rapports du GIEC elle doit aussi s'interroger sur les traces qu'elle laisse et sur l'énergie qu'elle consomme, qu'elle soit verte ou pas.

Quand le ministre de l'économie des finances et de la relance nous dit sur Twitter (le 30/07/2021) : « La croissance française a rebondi au deuxième trimestre selon l'Insee. Cela confirme que nous pouvons atteindre les 6% en 2021... » cela reflète la pensée économique dominante : la croissance et le marché. Oui, nous sommes en pleine crise Covid, et si l'objectif est la croissance pour équilibrer ce que l'on a perdu, on peut le comprendre. Mais les enjeux ? Est-ce la croissance à n'importe quel prix ? Ces deux années de crise sanitaire ne nous ont-elles pas fait comprendre certaines choses ? Ne serait-il pas au contraire le moment de se dire : La croissance oui, mais pas à n'importe quel prix ? Nous nous nous posons beaucoup de question mais obtenons peu de réponses.

Et l'Agence Internationale de l'Énergie de faire remarquer que le CO2 rejeté dans l'air devrait être beaucoup plus important que ce qui était prévu pour 2023...Les États, au niveau mondial, auraient débloqué de l'argent pour la crise Covid mais seulement 2% pour la transition énergétique, soit 1920 milliards pour la relance économique et 380 pour l'énergie propre. (Les Échos – 20 juillet 2021).

Au sujet de la croissance et des ressources énergétiques, certains pensent que développement et écologie sont incompatibles. Pour d'autres, le développement durable est une solution qui consiste en premier lieu à repenser les façons de produire, de consommer et d'agir. Ces trois dimensions sont celles du développement durable et permettent donc de concilier l'énergie, l'écologie et la production en écho aux technologies tout en impliquant l'humain dans une position responsable, participative et collaborative. Est-ce que la sphère politique joue le jeu ? Est-ce que les instances publiques sont en résonance ?                                              10

Lorsque le ministre de l'économie remet au président des notes sur le plan de relance de  2030 (Les échos – le 30 Juillet 2021), nous sommes en pleine crise Covid mais nous sommes aussi en pleine préparation des élections présidentielles de 2022 ! Quid des questions sur l'enjeu énergétique ?! La politique s'empare des enjeux économiques et chacun tacle dans son camp.

Le ministre a décidé de mettre en avant l'hydrogène décarboné. C'est ce qu'il dit dans un communiqué du 25 février 2021 sur le site du gouvernement, section « Vie publique ». L'enjeu de cette mise en avant de l'hydrogène est plus stratégique qu'économique d'après le journal La Tribune ! D'ailleurs l'enjeu n'est peut-être pas non plus écologique car le journal signale que pour que l'hydrogène soit décarboné il faut que l'électricité utilisée le soit elle aussi !

Le conseil national de l'hydrogène que remercie le ministre de l'économie est composé d'entreprises comme Total (450 millions de tonnes de CO2 par an), EDF (lobby du nucléaire), Engie (le gaz naturel), le CEA (Commissariat à l'énergie atomique), Air Liquide, Airbus, Comité stratégique de filière aéronautique, etc. 

 On pourrait presque reprendre les mots de Mme Corinne Lepage : « En France le lobby nucléaire c'est l'état ». Bien apparemment ce sera aussi le lobby de l'hydrogène, etc. Rappelons que Madame Corinne Lepage, ex-ministre de l'écologie de 1995 à 1997 est une femme politique dont un des premiers métiers fut avocate. Et c'est elle qui a défendu les communes de Bretagne ravagées par les problèmes de l'Amoco Cadiz que nous avons cité au début.

Pour Joseph Stiglitz, il ne fait pas de doute que la croissance sans les énergies fossiles est tout à fait possible. Ce sera même un enjeu important à tous les niveaux. La transition écologique permettra une autre croissance dit Monsieur Stiglitz, ancien économiste de la Banque Mondiale et Prix Nobel d'Économie en 2001, entre autres nombreuses et prestigieuses distinctions). 

VI.3. L'économie et les économistes – Est-ce que tout le monde est en route ?

Il se pourrait que la frilosité des économistes soit une des explications à ce retard. Tout au moins c'est ce que semble penser Nicholas Stern. Cet économiste a été le premier à concevoir une étude sur l'économie face au changement climatique. Interrogé en mai 2021 par Good'Planet Mag, voici ce qu'il dit : « Les évolutions sont plus lentes car la discipline peine à traiter des défaillances de marché et des externalités que représentent les émissions de gaz à effet de serre. Pour beaucoup, la question s'arrête à déterminer un prix du carbone. Or la vraie interrogation serait plutôt de savoir comment on passe d'un modèle économique basé sur un risque extrême à un modèle basé sur des changements systémiques dans les trois secteurs clefs que sont les villes, l'énergie et les transports. »                                                                                                                             11

Justement le tout récent rapport de la Commission européenne du 14/07/2021 propose de transformer l'économie et la société européenne « afin de concrétiser les ambitions climatiques de l'UE ». Madame Ursula von der Leyen, présidente de cette commission depuis 2019 y exprime effectivement la volonté de l'Union Européenne d'évoluer vers une économie décarbonée.

Qu'en est-il ? L'introduction de ce rapport place d'emblée son point essentiel : « permettre à l'Union de réduire ses émissions nettes de gaz à effet de serre d'au moins 55% d'ici 2030 ». Il est décevant de constater que le sujet le plus fréquent dans ce rapport est celui du prix du carbone et de sa taxation aux frontières et non de la transition écologique, de l'abandon des énergies fossiles, de l'innovation énergétique et de la mise en place de volonté économiques de se tourner vers des énergies non polluantes, des énergies sures, des énergies vertes et bien sûr des énergies répondant à des besoins exprimés, des énergies qui seraient facilitatrices d'enjeux économiques déterminants.

Enfin il est quand même précisé dans ce rapport que la fiscalité du carbone pourra être utilisée pour « l'innovation, la croissance économique et les investissements dans les technologies propres. » Autant de leviers économiques absolument incontournables pour arriver à activer la transition écologique ! Faire dépendre ces investissements majoritairement sur la taxe carbone semble refléter un manque d'audace. Car ce qu'on risque c'est que les événements énergétiques freinent de plus en plus le développement économique. Or la croissance économique est nécessaire mais pas à n'importe quel prix et avec des règles plus humaines, plus sociales. D'ailleurs l'Économie est une science sociale. Et du reste cette taxe carbone a un côté injuste pour une partie de la classe sociale, les gilets jaunes n'ont pas manqué de l'exprimer en refusant son augmentation.                                                                                                                                           12

VI.4. La transition écologique

Nous manquons d'outils, nous devons réfléchir autrement. Mais comment ? Nous venons de l'évoquer, en partie en ne produisant pas des lois et des taxations injustes. Pour ouvrir des perspectives de réflexion nous pouvons nous pencher sur les travaux de Rob Hopkins et trouver une voie. Ce professeur de permaculture a émis le concept de transition. Devant ce problème complexe de passer d'une ressource énergétique à une autre, d'une économie à une autre, de façon réfléchie, sans violence, et solidairement, voilà ce que pourrait être la transition écologique. Un point à ne pas oublier : la transition écologique devrait être aussi une mise en place importante de veille documentaire et de partages d'expériences à un niveau global (approche systémique).

{Au fait, comment s'appelle-t-il le ministère qui s'occupe de cela ?
En 1971, le ministère de l'environnement
En 2007, le ministère de l'écologie et du développement durable
En 2012, le ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie
En 2017, le ministère de la transition économique et solidaire
En 2020, le Ministère de la transition écologique.
Un long sujet} Fin de l'aparté.

Un des volets de la transition écologique est celui de la transition énergétique qui prévoit d'adapter l'économie aux crises qui se succéderont car si même on arrêtait immédiatement les émanations de CO2, les variations climatiques ne se stabiliseraient pas du jour au lendemain et nous ne connaissons pas le climat du futur.

Mais elle traîne à prouver son efficacité cette transition, des garde-fous activent le chiffon rouge et font pression sur les gouvernements. Les alertes proviennent tout aussi bien d'intellectuels et chercheurs que de la société civile (associations, collectifs de citoyens...), d'ONG et malheureusement de peu d'entreprises.

À la lecture de nombreux documents relevant cette absence, on constate que les industries les plus lentes à agir sont celles qui ne se sentent pas aider par les gouvernements. Car au niveau politique et géopolitique, le bât blesse. Est-ce que les partis politiques qui optent pour la croissance économique ne sont pas en train de nous mettre en péril ? Delphine Batho pose cette question, au moment où des événements climatiques sont en train de se  produire. Juillet 2021, les inondations font rage en France, en Belgique, en Allemagne et ailleurs dans le monde, il n'y a qu'à citer la Chine, le Canada, La Sibérie... Et pour la députée écologiste, tout le monde se rend bien compte maintenant de l'arrivée du chaos. On est dans une ambiance de fin du monde et pour reprendre son analyse, la cause de tout cela est l'obsession de la croissance économique.               13

Nous pourrions ajouter que la cause de tout cela est aussi liée à une économie encore très lourdement traditionnelle qui représente des conceptions basées sur la confiance du mécanisme des marchés à se réguler par eux-mêmes et donc à conserver leur équilibre. Comment ce système peut-il être viable sur des ressources naturelles qui s'épuisent et dont l'exploitation provoque des pollutions et du danger pour l'écologie ? Comment admettre aussi que cette économie appauvrisse des continents, des pays, des populations qui n'ont pas accès à ces ressources et victimes collatérales de ces économies sans éthique des droits égaux ?


Le deuxième constat de Madame Batho est que l'écologie doit grandir, qu'elle doit se  préparer à devenir une écologie de gouvernement. Comprenons par ces mots que l'écologie n'est pas encore prête politiquement parlant. Rappelons que Madame Batho est une femme politique et qu'elle fut ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie en 2012.

La transition écologique permettrait de créer bon nombre d'emploi car il faudra mettre en place toutes sortes de rouages dont nous avons parfois évoqué ici les pistes. Au niveau privé et public, ces emplois toucheraient tous les secteurs ! C'est un levier économique important pour notre pays.

Afin de réguler certains pans de l'économie l'Union Européenne a choisi, en 2005, de « marchandiser » le Carbone. C'est à dire de lui donner une valeur de façon à obliger les entreprises à ne pas dépasser certains quotas. Il semblerait que les entreprises en question aient choisi cette voie mais le prix du carbone a chuté et cela n'a pas fonctionné. Il aurait été remplacé par un système de quotas et le marché se réveille jusqu'à atteindre des prix encore plus importants. Cela semble complètement paradoxal de laisser les entreprises choisir un système marchand pour enrayer les consommations d'énergie fossiles et l'émission des GES. Surréaliste même...Si une entreprise a de la marge, elle peut la revendre à une autre. Soi-disant un cercle vertueux car les entreprises qui font attention leur utilisation d'énergie carbonée seront récompensées par l'argent récolté. Cela ne devrait pas être permis. Car alors ceux qui émettent beaucoup de carbone n'auront qu'à payer au lieu de réduire leur consommation d'énergies fossiles...                                                            15

VI.5. Les enjeux économiques et les économistes de la complexité

Il est vrai que c'est un énorme défi et que les gouvernements peinent à trouver le bon rythme et l'organisation nécessaire...Côté économistes, pas facile non plus de se retrouver dans ce paysage énergétique devenu très complexe. Les enjeux économiques propres à la commission européenne, la mondialisation, la crise climatique et l'obligation de réduire les produits carbonés rendent peu lisibles les situations. Prendre des décisions devient un défi.

Comme on peut le constater dans tout ce qui a déjà été dit, il devient difficile voire impossible de ne pas joindre et interpréter ensemble l'économie (et donc la croissance), la société (et donc les humains) et les contraintes environnementales (et donc l'écologie).

Mais si la question des enjeux économiques est beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît, c'est qu'il existe des approches complètement différentes et des situations paradoxales.

Car au-delà des modèles classiques de l'économie, certains voient les choses de façon radicalement différente. Prenons le cas des économistes atterrés. Il est intéressant de parcourir les écrits de Gaël Giraud et de découvrir son article « La croissance, une affaire d'énergie ». Reprenons notre histoire de moulins à vent et à eau au début de cette étude : Gaël Giraud formalise que la période du XIIe siècle qui a vu apparaître cette profusion de moulins à énergie « renouvelable » coïncide avec l'avènement des circuits bancaires, des commerces, de la sortie de la féodalité 1.

Cette énergie, éolienne en l'occurrence, a été vitale pour la croissance de cette époque. Or la pensée économiste classique dominante ne prend pas acte des enjeux économiques de l'énergie, surtout quand il y a crise.

Dans le livre de Steve Keen « L'imposture économique » auquel Gaël Giraud a collaboré, l'auteur décrit l'aveuglement des économistes classiques dans le déni de la crise. Ce qu'on enseigne en théorie de l'économie, la loi de l'offre et de la demande, est faux disent-ils. Les économistes atterrés soulignent l'ampleur des erreurs. Aussi préconisent-ils un débat démocratique en France et en Europe au sujet des choix de politique économique, ce qui permettrait de stopper cette « inefficacité économique » décrite dans leur manifeste                                                                                                                                                          15 

Peut-être l'Économie est-elle encore vue comme externe à l'humanité comme loin des sciences sociales. Pourtant un courant pluraliste existe et se fait entendre précisément sur le dossier de l'énergie et du climat. L'Économiste Aurélie Trouvé, par ailleurs membre du groupe d'altermondialistes Attac, apporte quelques éclairages différents et supplémentaires sur les enjeux économiques au moment des crises actuelles (pandémie, climat.). Par exemple, idée partagée par Thomas Piketty, du budget pour la recherche avec une taxation exceptionnelle des 1% les plus riches, des dividendes supplémentaires réalisées en temps de crise, et des évasions fiscales à rattraper... Cela pourrait renflouer les organismes publics qui manquent tant de moyens.

Nous pouvons aussi parler de l'économie circulaire, un modèle qui permet d'appréhender toutes les sphères, celles évoquées ultérieurement, de l'humain, de l'écologie, du travail et du sens...Ce modèle est celui d'une approche globale, collaborative, support d'intentions apprenantes et efficientes dont j'avais eu l'occasion de parler succinctement dans un exposé « Présentation of the bioeconomy and circular economy in the food industry »3. Dans ce modèle, tout est réinvesti donc rien n'est perdu. Ainsi dans l'agro-alimentaire, les déchets de transformation des aliments sont de plus en plus considérés comme une ressource précieuse ! Réinvestir est la condition de notre développement économique. Nous y reviendrons un peu plus loin sur un cas précis. 

Pour évoquer le second point, celui des situations paradoxales, voyons le cas de l'Afrique évoqué par Pierre Papon dans son ouvrage : « 2050 : quelles énergies pour nos enfants ? ». Sans pouvoir reprendre tous les problèmes cruciaux qu'il y évoque citons le fait particulièrement choquant que l'Afrique ne consomme annuellement que 3% du total de la Terre1. Bien sûr le fait de ne pas pouvoir utiliser d'électricité est un frein altérant énormément l'économie, ici de presque tout un continent, et le rend vulnérable à tous niveaux, plus particulièrement géo-stratégiques et économico-politiques.

Ce qui est paradoxal dans cet exemple c'est que la plupart des pays pauvres ne le sont pas en ressources énergétiques (surtout des hydrocarbures, mais aussi de gaz, de charbon et d'uranium.                                 

Et encore, nous ne parlons pas ici des minerais...), comme le dit Pierre Papon, Ils sont « exploités par des firmes multinationales occidentales et chinoises, alors que leurs populations ne bénéficient pas des retombées des royalties qu'elles versent aux États. ». Cela est inentendable. Toute personne sur la planète devrait vivre décemment.                                                                                                                                 16 


1 Presentation PowerPoint of the bioeconomy and circular economy in the food industry Haitam Tougarih
2« 2050 : Quelles énergies pour nos enfants ? » (2017) Pierre Papon, page 33, ligne 21
 

                                                                                                               

VII. UN ENJEU INDIVIDUEL ET COLLECTIF À PRENDRE AU VOL

Néanmoins, partout dans le monde, des hommes et des femmes tentent à leur échelle de trouver des solutions. Et ils s’y mettent ! Tout d'abord, regardons quelques données issues de l'INSEE (figure 2) :

 

Enjeux économiques les entreprises environnement ressources énergétiques gheselle Tougarih
Figure 2.

  L'INSEE précise que « 38% des établissements industriels employant 20 salariés ou plus ont réalisé des investissements ou des études pour protéger l'environnement ».

VII.1. La Convention Citoyenne pour le Climat
Regardons la Convention Citoyenne pour le Climat lancé en France l'année 2019. Même si elle a été initiée par le gouvernement, les 150 membres de cette convention, tirés au sort, ne connaissant rien au sujet, se sont prêtés au jeu et ont remis, après 8 mois de travail, 150 mesures qu'ils préconisent pour bâtir un projet économique et social pour l'environnement. Ils se sont fortement engagés sur cette mission.

Plus particulièrement, un jeune Lillois, Lambert Allaerd, acteur de cette convention, s'y est tant investi qu'il a changé de travail et a développé Karbon une application qui permet de connaître le taux de carbone présent dans de nombreux produits en scannant leur code-barre. Savoir quelles sont les informations environnementales d'un produit permet de faire réfléchir les utilisateurs. C''est un outil qui peut se révéler très utile pour la transition économique !

D'ailleurs une des dernières conférences du Haut Conseil pour le Climat pointe la nécessaire maîtrise de l'empreinte carbone en France (Maîtriser l'empreinte carbone de la France - le 27/05/2021 – Céline Guivarch - Benoit Leguet) (figure 3).

environnement pollution CO2 empreinte carbone maîtriser les GES gaz à effet de serre Catherine Gheselle Haitam Tougarih
Maîtriser l'empreinte carbone de la France

 

POCHECO : Un oeil sur le global, un oeil sur le local...et les mains sur le guidon !

Toujours dans le Nord, Une petite entreprise fabriquant des enveloppes a revu complètement depuis 1997 sa façon de les produire. Pocheco, localisée à Forest-sur-Marque a conçu et commercialise la première pochette zéro carbone pour l'envoi de livres. Et zéro déchet : pas de plastique, pas de polluant, pas de carbone et pas de produit d’origine animale ! Suivons-le de plus près ! Étudions notre sujet sur un cas concret : l'entreprise Pocheco à Forest-sur-Marque, 59, Nord.

Emmanuel Druon, le dirigeant de cette entreprise, a revu complètement le modèle de sa société. Il décrit dans son livre « Ecolonomie » comment il a fait de Pocheco un véritable laboratoire d'expériences énergétique, économique, humaine, environnementale...Bref une expérience de développement durable qui aujourd'hui en 2021...dure toujours !
« Il est plus économique de produire de façon écologique » dit-il. Chiffres en mains, l'entreprise a réalisé 15 millions d'économie en changeant son mode d'énergie, en supprimant les produits chimiques et en passant partout au vert. Sa transition écologique l'a rendu plus compétitif. Il a choisi le meilleur en qualité pour ses clients, le meilleur en énergie pour la planète ! Transition économique 100% réussie !

VII.2. Analyse d'une transition réussie vers le développement durable : des enjeux

A l'aide des données non compilées dans le livre d'Emmanuel Druon, nous allons tenter de définir une méthode pour comprendre comment estimer les enjeux économiques de l'entreprise en partant d'événements constatés, que l'on peut poser comme incidents déclencheurs d'un enjeu à prendre en compte. Il s'agit d'attribuer à chaque élément un numéro pour suivre son évolution.
Nous proposons après d'autres petits essais une suite logique de résolution et/ou d'éclaircissement de problématique avec vue globale sur les champs qui s'entrecoupent.
La suite logique imaginée pour ce mémoire est bâtie sur cette chaine :
1) Événements constatés 2) Quels sont les enjeux 3) Quelles actions entreprendre ?
On pourrait ajouter « Quels sont les résultats ? ».
Ensuite nous avons croisé les données avec 3 champs : l'économie, l'énergie, l'écologie.
Il a semblé plus pratique de partir en premier de l'économie puisque nous répondons à la question : « quelles sont les enjeux économiques ? ». Idem pour l'énergie puisque c'est le couple que nous étudions. Nous ajoutons écologie puisque ce champ est en interaction complète avec les deux premiers.
Par exemple ci-dessous, voici un petit jeu d'essai conçu avec les données de la préface du livre écrite par Rob Hopkins. (Nous reparlerons de lui plus loin. Il évoque la fin de l'énergie bon marché. Et nous avons déjà parlé de lui auparavant : mais oui ! La transition écologique !).                                                                                                                                                19

C'est un événement constaté qu'on a listé dans la partie « 1) Événements constatés », numéroté ici par le chiffre 1.
Les enjeux, toujours le numéro 1, sont clairement la perte de rentabilité puisque l'énergie coûte plus cher. Nous l'avons classé dans la partie 2) rubrique « quels sont les enjeux ? ».
L'action à mener est sur l'élément 1(pour rappel : fin de l'énergie bon marché) listée dans la partie 3 est de changer de mode énergétique.
Puis il décrit d'autres phénomènes, les autres événements constatés notés en dessous dans la partie une.​​​​​​​

1) Événements constatés
 Économie : 1-Fin de l'énergie bon marché.
                       2-Fragilité et instabilité de l'économie du pays.

 Énergie :     3-Stocks en baisse des énergies non renouvelables.
 Écologie :   4-Changements de climat provoqués par les énergies carbonés.


2) Quels sont les enjeux ?
Économie : 1-Perte de rentabilité de l'entreprise suite à la hausse du prix de l'énergie
                      2- Manque de visibilité pour la croissance de l’entreprise ; Risque de louper des opportunités ; Crainte d'un                              rebondissement de cette instabilité sur l’économie des clients, fournisseurs, salariés, de la commune, etc.

 Énergie :   3- Sans énergie, production e plus pouvoir produire faillite l'entreprise.
 Écologie : 4- Risque de problème sanitaires, dégradation de l'environnement, risques sur la santé des employés et de                             leurs familles

3) Quelles sont les actions ?
 Économie : 1-Changer de mode énergétique
                       2-Créer des économies plus locales

► Énergie :    4-Se faire aider par une communauté capable de repenser un nouveau système énergétique à partir de zéro.
 Écologie :  3-Prendre conscience de l’écologie et agir pour la planète.

On peut constater que les enjeux ne sont pas qu'économiques et énergétiques. Ils sont également humains et écologiques. Pour l'entreprise Pocheco, l'analyse de la situation et les décisions se font collectivement. En discutant, en se documentant, les salariés se sentent importants au sein de l'entreprise et motivés pour relever de nouveaux challenges. Avant que n'arrive Monsieur Druon l'entreprise créée en 1928 était au bord de la faillite. C'était le moment idéal pour tout changer. 

D'ailleurs le concept économique de Pocheco se base sur un nouveau principe dont les enjeux lient écologie et économie ! Comme nous l'avons dit en introduction l'économie tourne souvent le dos à l'écologie. Cela ne peut pas marcher ! Les ressources énergétiques ne se limitent pas au champ de l'économie donc les enjeux économies de l'énergie ne peuvent non plus faire le pas sur le domaine de l'écologie.

De fait le principe d'Emmanuel Druon est un nouveau modèle appelé « Écolonomie ». Élodie Bia responsable du développement de Pocheco en est la co-fondatrice.

C'est un modèle dont le but est indiqué en sous-titre du livre d'Emmanuel Druon : « Écolonomie, entreprendre sans détruite ». Sans détruire l'environnement mais aussi en créant du lien social. Car l'humain est ici bien remis au centre du dispositif. Si le dirigeant veille temps à la qualité des papiers et des encres qu'il utilise dans son entreprise, c'est que la bonne santé des employés est un enjeu économique important ainsi que celle des clients ! Et ce n'est pas une démarche égoïste.
Il est important pour la planète de ne pas utiliser de produits toxiques ! Et comment fait Pocheco pour vendre des produits plus chers parce que d'excellente qualité, sans reproche toxique ? Il partage son engouement, son expérience et prouve par ses chiffres qu'il est plus rentable de vendre des produits basés sur l'Écolonomie.                                                                 21

Emmanuel Druon a su s'entourer de collègues passionnés dont une grande partie comptait déjà dans l'effectif du début, des gens connaissant bien l'historique et le métier, mais aussi des porteurs d'innovation pour réfléchir à ces nouveaux concepts. L'innovation est un levier important pour l'économie. Des gens dynamiques qui ne sont pas là pour trouver seulement des solutions mais pour appréhender les choses différemment et élargir les visions de l'entreprise et des produits.
Dans la présentation de Pocheco sur la web-tv de l'Université de Lille, Edouard Sellier présente l'enveloppe Pocheco sous un jour tout à fait nouveau ! C'est à se tordre de rire, à voir de toute urgence. Cette présentation résume bien à elle seule ce que l'on vient d'en dire ! Prendre du recul permet de voir le produit différemment. De fait l'enveloppe Pocheco est placée haut la main au-dessus des produits numériques ! Comment réfléchir aux enjeux économiques ? En regardant autrement la réalité ! Et en réfléchissant à préserver la santé humaine, préserver l'écologie et gagner de la productivité pour rester dans la compétition. Emmanuel Druon parle des encres. Auparavant elles étaient pleines de métaux lourds, de solvants, etc. Le fait de changer pour des encres naturelles est un fait parmi tant d'autres dans l'optique d'entreprendre sans détruire.

Car le dirigeant le souligne, les changements de ce style sont effectués suite, entre autres, aux rapports du GIEC et « qu'il est largement temps qu'en tant qu'industriels, dans nos entreprises, on change toutes nos habitudes du XXe siècle quasiment, pour essayer de les faire basculer vers du XXIe siècle pour essayer de les rendre plus respectueuses de l'environnement. » Emmanuel Druon finit son introduction par le constat que si eux on réussit à le faire, probablement on peut le faire partout !
Edouard Sellier qui travaille avec Élodie Bia, Emmanuel Druon et bien d'autres dans le bureau OUVERT qui est un cabinet dont le projet est de développer et partager l'Écolonomie présente dans la web-tv son livre sur la transition écologique : « Engager son entreprise dans la transition ». Il explique un autre cas concret à Forest-sur-Marque, celui du coiffeur qui n'utilise plus maintenant de colorants dangereux dans son salon.

VII.3. L’économie circulaire en exemple chez Pocheco
En tous cas Pocheco à Forest-sur- Marque dans le Nord rejette...0 déchet ! L'entreprise pratique l'économie circulaire ! Ce qui n'est pas perdu est de la plus-value (figures 4 et 5).​​​​​​​

Mémoire de Master Circular Economy Natural Ressources - Haitam Tougarih
Circular Economy Natural Ressources - Haitam Tougarih

                                              Circular Economy Natural Ressources - Haitam Tougarih

 

Comme promis nous revenons sur ce concept d'économie circulaire. Dans l'illustration
que je propose ci-dessus l'économie linéaire, classique provoque du gâchis en ne recyclant
pas les déchets de la transformation de produits tandis que l'économie circulaire réinvestit
le résidu en lui procurant une seconde vie par exemple comme sous-produit (exemple de
la biomasse, du biocarburant, etc).

 

ressources énérgétiques : enjeux économiques - Le modèle Pocheco - Gheselle Catherine - Haitam Tougarih
Figure 5. Le modèle Écolonomie : L'entreprise Pocheco à Forest-sur-Marque - Nord


La fabrication d'enveloppes chez Pocheco adopte parfaitement ce modèle. Du coup, il n'y
a pas de perte et au contraire. Ces enveloppes servent surtout pour envoyer des factures
et rien pourtant n'est trop beau pour elles !                                                                    24

 


Dans son livre « L'Ecolonomie », le chapitre III qui s'intitule « L'Énergie d'origine naturelle, ni fossile, ni fissible » ne nous parle plus des ressources naturelles nécessaires pour faire de bonnes enveloppes tout en préservant l'environnement mais des choix énergétiques pour faire tourner cette industrie ! Bien sûr, en accord avec un des principes de l'économie circulaire, on veut le meilleur pour notre environnement alors on écarte les énergies fossiles. Mr Druon va même plus loin ! « La meilleure des énergies c'est celle que l'on ne consomme pas. » C'est un enjeu écologique tout autant qu'un enjeu économique ! C'est bon pour la planète, c'est bon pour les comptes de Pocheco et bon également pour la santé de tout le monde.

Bien sûr il n'est pas question de revenir aux temps anciens ! Par contre réfléchir sur les stratégies, isoler les bâtiments, traquer toute déperdition énergétique, Par exemple en repassant au peigne fin leurs vingt machines de fabrique d'enveloppe, ils ont énormément baissé leur consommation d'énergie, de 75%, si bien que pour ce poste ils ont économisé 200 000 euros d'électricité en une année !

Tout a été revu : les chutes de papier ne sont pas parties à la poubelle, elles ont été échangées contre des déchets de bois venant d'une usine de palette qui ont alimenté la chaudière à pellets. Un an plus tard, ce principe est adopté et remplace le gaz ! La toiture a été remplacée par des panneaux solaires. Pocheco ira même jusqu'à introduire la géothermie dans son usine grâce au travail d'une équipe de stagiaires.

L'exemple de Pocheco illustre bien ce concept d'économie circulaire. L'utilisation efficace des sous-produits résultants et la récupération des déchets, en tant que facteur clé de la compétitivité et des chaînes de valeurs, c'est vraiment ce qui a été mis en place avec les échanges de déchets de papiers contre des déchets de bois et la valeur recyclage chassant la consommation de gaz.

Bien d'autres exemples dans le monde utilisent ce principe d'économie circulaire, particulièrement dans la transformation de produits bio comme l'entreprise James Cropper dont le concept pourrait faire tilt aux oreilles de Pocheco toujours à l'affût de créativité et d'innovation. En effet, il s'agit de transformer les coques de fèves de cacao en papier. Papier chocolat pour envoyer les factures, cela fait rêver ! « Une solution de bio-recyclage qui, contrairement à d'autres processus de recyclage du cacao, ne nécessite pas de combustion ou de dégradation progressive des fibres de la coque de cacao, le papier brun clair fini utilise le cacao comme colorant naturel, évitant ainsi le recours à des colorants artificiels. " (James Cropper plc, 2014).


VII.4. Un tout autre exemple : total

À ce stade de ce travail il est temps de parler des enjeux économiques pour les grosses sociétés.

La société Total en l'occurrence. Un des leaders dans l'énergie fossile, 7ème producteur d'hydrocarbures au monde. La société française fondée en 1924 sous le nom de « Compagnie Française des Pétroles » sera appelée Total du nom de l'essence qu'elle commercialise dans les années 80.

STOP – INFO STOP – INFO STOP – INFO STOP – INFO - STOP – INFO

Alors que nous rédigeons ce mémoire et que le climat s'emballe des événements
majeurs sont en train de se produire. Nous allons donc opter un moment pour une
écriture chronologique afin d'accompagner au mieux la situation.

 

Ressources Énergétiques : Enjeux Économiques Gheselle Catherine Tougarih Haitam
Évolution des logos de Total

 

► 28/05/2021 : En effet, le 28 mai 2021 Total devient TotalEnergies. Ce nouveau nom porte une signification bien évidente : Total devient...multi-énergies ! Le pétrole c'est fini, ou presque ; enfin, pas tout à fait. Mais Total se tourne vers l'avenir ! Reste à se demander lequel, le sien ou celui de l'humanité ? 

► 08/06/2021 : Pocheco, l'entreprise qui fabrique des enveloppes sans détruire la planète lance son premier webséminaire consacré à l'Écolonomie !

 ► 31/07/2021 : Eh bien Total va-t-il jouer à fond le jeu de la transition écologique ?
Un des plus gros pollueurs de la planète comme le jugent certains s'exprime sur France-Inter ce 31 juillet 2021. Il ne nie pas ses émissions de CO2 et GES puisque cette pollution est chiffrée sur le marché du carbone. Mais Total n'existe plus, vive TotalEnergies !

Dans cette interview sur France-Inter dirigée par Dominique Seux, Patrick Pouyanné, le pdg de TotalEnergies parle précisément de ses enjeux économiques face au pétrole et au réchauffement climatique. Mais pour lui, le pétrole n'aura pas disparu en 2050.                                                                                                              25

Dominique Seux, journaliste économique et des étudiants des universités de Nanterre et Nancy ainsi que de jeunes actifs d'un cabinet d'audit et de conseil s'entretiennent avec lui.
En 2019 Total affiche un chiffre d'affaires de 200 milliards de dollars et une perte de 7 milliards en 2020 à cause de la crise pétrolière et de celle du Covid. Le PDG met en avant les plans de gestion de crise de ses équipes car il rappelle que « l'énergie est un bien essentiel et qu'il fallait continuer à alimenter les marchés ».
« Les pays producteurs de carburants se sont mis d'accord il y a deux semaines pour augmenter un peu la production. A la pompe les prix n'ont pas baissé. Qu'est-ce qu'il se passe sur ce marché ? » demande l'économiste Dominique Seux.
Pour le PDG de TotalEnergies, le prix du baril est remonté à 65 dollars, une augmentation de plus de 60% par rapport à 2020 mais surtout le prix des taxes (60%) vient impacter ce prix à la pompe. Enfin le PDG évoque un pilotage du marché par les pays de l'Opep un instant cahotique, aussi suite à la question de l'Iran. Et puis Total a dû ralentir les investissements en 2020 suite à la baisse de son chiffre d'affaires. Mais voilà c'est un cercle vicieux car si on n'investit pas les gisements perdent de la pression et on perd à l'échelle mondiale 3 à 5% de la production mondiale. Au niveau du Chiffre d'affaires du groupe le pdg dit qu'il a déjà plus milliard de résultats d'avance tous les mois depuis un trimestre, puisque le pétrole est à 65 dollars le baril au lieu de 40. Ils tablent sur 24 milliards de cash-flow, un investissement à 13, ils en distribuent 8 à peu près à leurs actionnaires et donc ils ont la capacité de se désendetter avec le reste.
On le constate en écoutant ces propos, ce marché du pétrole, très volatil, pour reprendre le terme employé par M. Pouyanné, est complètement hors de contrôle au niveau économique et financier. Idem pour la production puisque les pays de l'OPEP répondent à la demande et à d'autres facteurs conjoncturels et géopolitique qui nous échappent. Rajoutons à cela la taxe de 60% (taxes variables + invariables) et la perte mondiale lorsque la production se réduit...le prix du pétrole est hors contrôle...Chutes et hausses du prix du baril, un syndrome que nous connaissons depuis 2014. Sans parler des chocs pétroliers et des campagnes de communication pour nous assurer que le pétrole, même si nous n'en avons pas en France, c'est l'avenir ! Et que le pétrole, on en aura toujours besoin.                                                                                                     27                                                                       
8 milliards distribués aux actionnaires comparés à un investissement à 13 milliards semble un peu juste pour une marque (Total) qui vient de changer de nom (TotalEnergies) et qui se prépare à tabler sur des produits différents ? N'est-ce pas léger côté investissement ? En tous cas les actionnaires eux sont contents, puisqu'ils ont voté « oui » à 91,88% pour le nouveau nom TotalEnergie et le nouveau mode multi-énergies5.
► 9/08/2021 : Est-il trop tard ?? Nous sommes vraiment au coeur de la problématique ! Car au moment de rédiger ce mémoire, nous avons eu plusieurs nouvelles inquiétantes aux niveau des gaz à effet de serre. Et c'est ce 9 août 2021 que le GIEC sort son fameux rapport tant attendu tous les 7 ans. Et la conclusion du 6e rapport est sans appel...C'est très grave ! Tous les médias titrent sur ce sujet : il faut décarbonner d'urgence ! La lecture de ce 6eme rapport comporte une vingtaine de pages de synthèse pour les décideurs. Cette lecture est donc certainement incontournable pour comprendre les enjeux économiques que nous devons appréhender pour le futur.
Alors que l'Accord de Paris tablait sur un niveau de réchauffement climatique à 1,5° et sur une TSE (Transformation Économique et Sociale) à ré-évaluer tous les 5 ans (depuis 2016, date de la création de l'Accord), nous sommes bien loin du compte.
► 24/08/2021 : Parution au Journal Officiel de la Loi Climat.
► 27/08/2021 : Annonce de la fin du tarif réglementé et nouvelle augmentation du gaz en septembre 2021 de 8,7% en 2021.
► 21/11/2021 : COP26 à Glascow, Royaume-Uni : à suivre...Mais les choses étant en train de s'enclencher, la COP26 pourrait se révéler un bon terrain.

VIII. LES ENJEUX ÉCONOMIQUES II
Le 6ème rapport du GIEC nécessite un ajout circonstancié à ce mémoire. Pour certains de ceux que nous avons cités, les enjeux économiques et financiers qu'ils ont mis en oeuvre s'avèrent être les bons ! Ils sont prêts car ils ont suivi les dossiers du GIEC et ont maintenu le cap de la transition énergétique. Comme nous l'avions tenté dans notre petit « jeu d'essai » de Pocheco, souvenons-nous que nous avions croisé les éléments suivants :

1) Événements constatés

 ► Économie : 1-Fin de l'énergie bon marché.
                        2-Fragilité et instabilité de l'économie du pays.
 ► Énergie :    3-Stocks en baisse des énergies non renouvelables.
 ► Écologie :  4-Changements de climat provoqués par les énergies carbonés

 

2) Quels sont les enjeux ?

► Économie :

1. Perte de rentabilité de l'entreprise suite à la hausse du prix de l'énergie.
2. Manque de visibilité pour la croissance de l’entreprise ; Risque de louper des opportunités ; Crainte d'un rebondissement de cette instabilité sur l'économie des clients, fournisseurs et des salariés, de lacommune, etc.

 ► Énergie :

3. Sans énergie, ne plus pouvoir produire = faillite de l'entreprise

► Écologie : 4. Risque de problème sanitaires, dégradation de l'environnement, risques sur la santé des employés et de leurs familles

 

3) Quelles sont les actions ?

► Économie : 1. Changer de mode énergétique
                      2. Créer des économies plus locales

► Énergie : Se faire aider par une communauté capable de repenser un nouveau système énergétique à partir de zéro.

Écologie : Prendre conscience de l’écologie et agir pour la planète

Ce que nous avons résumé, disjoint et rejoint autrement à partir du livre d'Emmanuel Druon « Ecolonomie », préfacé par Rob Hopkins, semble bien être, à la lecture du 6e rapport du GIEC ce qu'il conviendrait d'appliquer dans les entreprises. Une fois les événements constatés, les enjeux coulent de source et les actions sont à chercher parmi des modèles existants (Pocheco en l'occurrence) ou à inventer en se faisant aider par des intervenants spécialisés ou innovants (en tous cas, innovants) dans les secteurs de l'économie, l'énergie, l'écologie et bien sûr l'humain. L'humain est même une priorité. Pour certains, l'humain est au centre de tout système. On peut penser à l'ouvrage « La Voie » du sociologue et théoricien des systèmes complexes Edgard Morin !

Certes Pocheco n'a pas gagné la partie car le chaos annoncé va rebondir aussi forcément sur l'entreprise Mais elle aura une longueur d'avance et bien sûr l'expérience acquise de l'adaptation, de la collaboration, de l'innovation et de l'entraide.

Pour les petits débutants dans cet exercice périlleux, il va falloir tout reprendre depuis le début.

Il faudra tout changer, TOUT. Si Pocheco l'a fait, TotalEnergies peut le faire ! Quel journaliste ne se rêverait en ce moment en train de questionner le pdg de TotalEnergies : « Monsieur Pouyanné, que pensez-vous du dernier rapport du GIEC et quels sont vos enjeux et les actions que vous devrez mettre en oeuvre ? ». Presque sûr qu'il devra mécontenter ses actionnaires et revoir son budget recherche&développement ! Après tous les actionnaires sont des humains et devraient eux-aussi être sensibles aux événements climatiques en cours. 

Et chaque être humain est compris dans des systèmes qui interfèrent les uns avec les autres.

Le modèle futur à prévoir est un modèle que nous avons évoqué tout au long de ce travail. Il peut ressembler à cette ébauche de schéma.

Le lien entre ressources énergétiques et enjeux économiques ne peut se baser que sur au moins ce modèle. L'Économie, l'Humain, l'Énergie et l'Écologie doivent être convoqués en interactions avec les autres systèmes. Ce petit croquis un peu simpliste que j'ai brièvement tracé mériterait d'être revu et développé. Ce pourrait être le sujet d'un autre travail (figure 6).                                                                                                           29                        

Tougarih Gheselle Ressources énergétiques : enjeux économiques Ébauche d'un shéma approche systémique
Figure 6 : cette ébauche peut renvoyer à la pratique de l'approche systémique. Haitam Tougarih - Catherine Gheselle

Si nous avons choisi de parler dans ce mémoire des entreprises, nous n'oublions pas de mentionner les autres secteurs de l'économie comme l'agriculture, le transport, les industries, etc. Et comme nous venons de le mentionner, nous évoquons les difficiles enjeux qui se dessinent pour l'être humain car l'annonce toute récente de la fin du tarif réglementé du gaz laisse présager une situation économique compliquée pour les ménages alors que la crise sanitaire du coronavirus est toujours active. On revient aux offres de marché pour ceux qui avaient encore un tarif réglementé. Les pouvoirs publics seront-ils amenés à revoir également le tarif réglementé de l'électricité ? Ce n'est pas à exclure. Cela risque d'augmenter encore la précarité en France. La transition écologique pour les plus précaires est un sujet difficile. L'observatoire national de la précarité énergétique tiendra un colloque le 9 novembre 2021 à Lille pour faire le bilan de la précarité
énergétique.

 

ÉDITION EN COURS - ÉDITION EN COURS - ÉDITION EN COURS - ÉDITION EN COURS - ÉDITION EN COURS - ÉDITION EN COURS - ÉDITION EN COURS - ÉDITION EN COURS - ÉDITION EN COURS - 

MERCI DE SUIVRE NOTRE PUBLICATION 

 

Partager cet article
Repost0

commentaires