LE GRAND BAZ'ART   Le blog de Catherine Gheselle
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Mardi 18 mars 2008

en cours d'écriture


Lust, caution, le dernier film d'Ang Lee traite de la complexité humaine et de la frontière entre jeu et réalité. Si le corps est un piège, Ang Lee y trouve le terrain de représentation idéal pour exprimer la métaphore de l'occupation. L'intime est le lieu ultime de la vérité. C'est ici l'assurance de la mort. Les scènes érotiques sont le vecteur de cette ambiguïté. Inquiétantes autant que captivantes, jouant sur le point d'orgue de la musique et de la lumière,  elles révèlent avec force le conflit entre sentiment et devoir.
                                           

Le contexte historique
Le contexte est celui de l’occupation japonaise pendant la seconde guerre mondiale. Mais cette indication ne suffit pas à elle seule à camper une idée de la situation. En effet, il faut recadrer cette période entre la chute du dernier empereur en 1911 et l’arrivée du gouvernement communiste en 1949, c'est-à-dire une période trouble. Après les 2 guerres de l’opium, après la guerre franco-chinoise de 1885 puis la guerre sino-japonaise de 1895, de nombreux évènements bouleversent le pays et Shanghai en particulier les subit de plein fouet : l’occupation étrangère et les manifestations qu’elle provoque,  les affrontements entre ouvriers et troupes nationalistes, l’invasion japonaise et la seconde guerre mondiale.

 

Shanghai est une ville pleine de paradoxes. Si le parti communiste chinois y voit le jour en 1921, la ville devient en 1930 le centre financier de l’Asie. Si la drogue, le jeu et la prostitution caractérisent la ville, elle est aussi, parallèlement, une ville qui brille par son épanouissement culturel.

Ang Lee retranscrit parfaitement le climat global de la situation des protagonistes au moment précis qu’il décrit dans le film (1937-1942). Tout concourt à le traduire, de la mise en scène à la psychologie des personnages, du travail de la lumière à une composition musicale qui semble retranscrire la dialectique qu'entretiennent le film et le spectateur.(Alexandre Desplat).

 

Corps et accords Le corps joue, le corps est un piège.

 


                 

                 "Femmes nues au Majhong"                       "Lust caution"                                 "Beijing-2008"
           Huile, Liu Yi, 2006, 123cm x 154cm                 scène de Mahjong                          Huile, Liu Yi, 2nde version

Les scènes de Mahjong dans "Lust Caution" sont très signifiantes. Il est intéressant de les juxtaposer au travail du peintre chinois Liu Yi. Observons le travail de la lumière.


Lecture

Ang Lee nous propose finalement à travers ce film une lecture différente du réel. Il nous donne à comprendre que la lecture sans jugement de la complexité permet d’appréhender le fondement de la nature humaine. Il nous livre son secret et c’est un hommage que rend ce réalisateur à un public à qui, de fait, il prouve son estime. Tel est le cas également dans "Brokeback Mountain" (2005).
par Catherine Gheselle publié dans : Articles cinéma 2008
 

INFOS EN BREF

                
                                                 

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