LE GRAND BAZ'ART   Le blog de Catherine Gheselle
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Mercredi 2 février 2005
Activité exercée chemin faisant,  la rédaction d'articles  s'est imposée à moi et je m'y suis trouvée comme un poisson dans l'eau !  Tout a commencé lors de mes études de cinéma...Plusieurs périodes sont à distinguer :


La période Languedoc Art Presse :


     

Regards de femmes, femmes en regard  Printemps 2002 -Article de fond commandé par L.A.P. sur le thème "La Démocratie au Maghreb peut-elle venir des femmes ?" que je traite par une approche cinématographique.
Dans le prolongement de cette réflexion, la réalisatrice Rachida Krim a accepté de répondre à mes questions.

Femmes maghrébines entre représentation et réalisation

    Comme les autres arts, le cinéma, cette "fenêtre ouverte sur le monde", signi­fie la société dans laquelle il s'inscrit. Comment alors ne pas l'interroger sur certaines réalités ?

Dès sa création, le cinéma est l'affaire des hom­mes. Le point de vue est donc majoritairement masculin, constat vrai pour toutes les cinémato-graphies. En nous penchant sur la représentation des femmes maghrébines et de leurs oeuvres, nous nous interrogeons de fait sur la place de la femme dans le monde d'aujourd'hui. Car l'indivi­du ramène à l'universel.

Le besoin vital de filmer arrive avec les luttes d'indépendance et le cinéma maghrébin commen­ce à exister réellement à la libération à travers sa quête identitaire. Mais le cinéma, art et langage, se pose également en tant qu'industrie. De fait, comment peut advenir une image si elle n'a pas économiquement les moyens d'exister ? Question cruciale pour le cinéma maghrébin. Dans ce contexte, la place des femmes est d'autant plus difficile.

                                                                      "Tunisiennes" de Nouri Bouzid

Cinéma algérien : entre documentaire et registre comique

    Si la représentation fictive des femmes est sou­vent cantonnée au rôle de la mère et de l'épouse, le documentaire permet de dépasser les clichés. Les réalisateurs algériens semblent les premiers à s'être penchés sur le statut des femmes. Ahmed Lallem réalise "Elles" (66), documentaire sur des lycéennes constatant leur condition, en écho à la modernité : "La femme algérienne, elle est laissée de côté", "...elle ne vaut rien du tout". La démarche d'Ahmed Lallem a ceci de très fort qu'elle s'ins­talle dans une optique sociologique en revenant confronter ces témoignages. Dans "Algérienne, trente ans après", il les interroge à nouveau. Leurs libertés ont peu à peu disparu avec le FIS et le code de la famille (84), prétexte pour revenir à une société plus traditionnel­le.

Belkacem Hadjadj explore les difficul­tés des femmes dans un documentaire très poignant : "Une femme taxi à Sidi Bel Abbés". Une Algérienne doit faire vivre sa famille à la mort de son mari. Réalisé en 2000, ce film montre com­bien l'accès au travail, parce que sour­ce d'autonomie, est toujours aussi dif­ficile.

En 78, Assia Djebar réalise "La Nouba des femmes du Mont Chenoua". Les critiques de l'époque sont très parta­gées sur ce film, certains ouvrages relatant du cinéma maghrébin ne l'é­voquant même pas. Cela est peut-être dû à sa forme novatrice, symbolique, mêlant fiction et documentaire. A moins que ses propos engagés n'aient choqué. Des femmes racontent leur place dans l'Histoire brisant le cliché traditionnel de la femme. La réalisatrice a aussi travaillé pour la télévision. Elle souligne que "c'est seulement en face de cet écran-là que se trouve le regard des femmes". Egalement écri-vaine, Assia Djebar est une des pre­mières à parler du plaisir féminin dans son livre "Les alouettes naïves". En 80, elle pressent l'avènement d'un lan­gage inter-femmes : "Ce n'est qu'en s'ouvrant au récit des autres que la femme peut aller de l'avant". "Nous en avons parlé avec..." de l'Algérienne Dalida Kadri illustre l'en­gagement des femmes pendant la révolution agraire. 11 n'a pas été possi­ble d'accéder au film ni de trouver plus de renseignements. S'il est difficile de produire des films, le problème demeure ensuite avec la diffusion, l'hégémonie de certaines cinématogra-phies condamnant l'épanouissement d'autres moins économiquement renta­bles.

Comment parle-t-on des femmes dans la fiction au Maghreb ? En les occultant ou en les mythifiant.  Le cinéma algérien, un des premiers à se construire dans le domaine fictionnel, est avant tout politique. S'il est question du peuple algérien, les femmes ont toujours des rôles restreints à la sphère domestique; au niveau du combat antico-lionnaliste, on ne parle pas des guerrières qu'elles ont été pendant les invasions. Il faut attendre 72 avec "Noua" d'Abdel Aziz Tolbi, pour que soit énoncée leur place active. Citons également "Le charbonnier" de Mohamed Bouamari ou les tri­bulations d'un homme avec la modernité et un contexte économique difficile. Sa femme, malgré les pressions, réfléchit à de nouvelles solutions et agit.

Si la production est abondante jusqu'à la fin des années 70, les femmes y sont encore représen­tées comme des silhouettes soumises. Avec Merzak Allouache la fiction algérienne se déno­te. En utilisant le genre comique, il approche la problématique féminine à travers une critique sociale de la quotidienneté où il aborde les diffi­cultés liées au clivage homme/femme et l'imma­turité des hommes. Dans les années 80, lorsqu'ils évoquent la condition féminine, les hommes pointent également leurs propres aliénations comme l'obligation de fonder son identité sur la virilité. De fait, il semble que la question de l'autonomie de la femme peut être envisagée comme dans le film du réalisateur Sid Ali Mazif, "Houria" en 87 où cette jeune femme précise : "Avant d'aimer, je veux apprendre à être libre". Les intégristes prennent place sur la scène poli­tique et la censure devient plus virulente. D'où les problèmes rencontrés sur "Houria". Dans ce contexte, l'émergence de femmes cinéastes est compromise.


La société tunisienne, une situation plus difficile qu'il n'y paraît

Si la Tunisie semble plus libérale en matière de législation féminine avec la mise en place du sta­tut personnel en 56 (Egalité homme/femme, abo­lition de la polygamie et de la répudiation,...), dans les faits, les traditions perdurent et n'autori­sent pas vraiment l'émancipation promise. En analysant le sujet du tout récent "Fatma" de Khaled Ghorbal, on peut se demander légitime­ment si quelque chose a changé. Si Fatma peut accéder aux études, elle est néanmoins soumise à la volonté des hommes. Dominée par ses frères et son père, violée par son cousin, elle s'enfuit pour retomber finalement dans les bras d'un médecin. Le scénariste révélant le sentiment de culpabilité dans lequel la société patriarcale installe la femme la pousse à dévoiler à son mari un secret  

qu'elle ne peut décidément contenir. Elle sera répudiée ! Nouri Bouzid, le réalisateur de "Tunisiennes" (98), traitant de la liber­té de la femme et reconnu comme l'un des meilleurs films tunisiens par cer­tains critiques, est souvent harcelé par le pouvoir. Ses films ont souvent été censurés. Est-ce la raison qui pousse la réalisatrice Moufida Tlatli à se servir du passé pour installer la trame narra­tive de son film "Les silences du palais" (94) où elle s'interroge sur la recherche identitaire des femmes? Nejia Ben Mabrouk parle également de l'enfermement et de la lutte des femmes dans "La trace" (88). D'autres réalisatrices existent mais qui peut voir leurs films? Un article récent du Festival de cinéma méditerranéen à Montpellier note le statut émancipé de la femme tunisienne et précise qu'il semble expliquer la vocation de nom­breuses cinéastes. Mais sur dix films composant la rétrospective tunisienne, seulement deux femmes sont repré­sentées, Moufida Tlatli et Nadia Farés ("Miel et cendres" (96)). Le Clap (ouvrage listant les réalisateurs des cinématographes africaines) recence une dizaine de Tunisiennes avec en moyenne trois films à leur actif. Pourquoi ces créations ne parviennent pas jusqu'à nous? Malgré les actions des festivals, de l'Institut du Monde Arabe et des petites salles de cinéma engagées, le travail des femmes n'est pas encore assez reconnu. La produc­tion tunisienne ne semble pas actuelle­ment très importante. La Fédération Inter-nationale des Droits de l'Homme pointe une dégradation des libertés en Tunisie (Libé, 9/3/2002). Ceci expli­querait-il cela ?

                        "Les  Silences du Palais" de Moufida Tlatli

La démarche de Fend Boughedir dans "Halfaouine" (90) est enrichissante car le personnage principal, un jeune garçon accompagnant sa mère au ham­mam, permet ainsi une introspection à égale distance du féminin et du mas­culin. Le réalisateur porte un regard critique et s'il dénonce l'oppression dont sont victimes les femmes, il atti­re également l'attention sur leur responsabilité dans l'éducation des hommes. "Halfaouine" peut synthéti­ser l'évolution globale du cinéma maghrébin à travers l'élargissement des points de vue.

Côté documentaire, les démarches sont peu nombreuses. Selma Baccar, une des premières femmes à s'inscrire dans l'Histoire du cinéma tunisien avec "Fatma 75", entreprend enfin un travail de mémoire en interviewant l'une des premières militantes pendant la colonisation et plusieurs généra­tions de femmes dans leurs luttes quo­tidiennes. Quelque part le film souli­gne qu'après leur combat, les femmes ont été évincées de l'action citoyenne.

Le tardif avènement du cinéma marocain

Les années 70 permettent de recenser au Maroc des oeuvres révélatrices comme "Traces" de Hamid Benani qui relate l'éducation religieuse très dure d'un garçon dans la société marocaine. Deux femmes apparaissent dans le film. Mais alors que l'analyse sociale est pertinente, la représentation fémi­nine est réduite à une vision manichéïste.

Entre simplification et manichéisme, on constate cependant que le sort des femmes s'inscrit dans de nombreuses réalisations. Jillali Ferhati aura, dans "Poupées de roseaux" (81 ), posé le problème de la sujétion féminine à l'ordre social. Rien d'étonnant à ce que le scénario soit écrit par une femme. Il s'agit de Farida Benlyazid qui réalise "Identités de fem­mes" (80) et "La ruse des femmes" (98), adapta­tion d'un conte retraçant la façon dont une femme retourne les rapports de force dans le registre sen­timental. Enfermé dans le carcan du machisme, l'homme se montre distant et feint de ne pas s'in­téresser à la jeune femme qui utilisera son intelli­gence pour arriver à ses fins. Mais le personnage féminin semble encore trop enfermé dans le jeu de la séduction. Parallèlement, déjeunes réalisa­trices mettent en scène les dysfonctionnements du système comme Yasmina Kassari dans "Chiens errants" (96). Une interdiction de tour­ner un documentaire l'oblige à choisir le genre fictionnel. Non contente de contourner la censu­re, elle réalise un film qui en sept minutes nous plonge au coeur d'une problématique sociale, mettant en scène l'injustice dont sont victimes les plus défavorisés.

Ailleurs et  ici, les femmes d'origine maghrébine construisent de nouveaux possibles.

Le Maghreb, qui n'était pas partie prenante dans l'invention du cinéma, a réalisé un travail impor­tant grâce à des hommes et des femmes sensibles à l'évolution du monde. Aujourd'hui un discours se construit, basé sur la complémentarité des sexes et s'éloignant du manichéisme. Certaines problématiques sont abordées mais il n'est pas encore question de l'émancipation de la femme. Si de la sphère privée, elles ont obtenu le droit d'investir l'écran dans d'autres registres, les ques­tions de la sexualité et de l'autonomie sont enco­re sans réelle réponse. De plus, les femmes maghrébines sont peu nombreuses à pouvoir réaliser dans leurs pays où la démocratie n'existe pas toujours. Quand bien même elles y accèdent, 11 faut rappeler leurs difficultés pour faire connaî­tre leurs travaux et leurs pensées. Il est à noter que si les réalisatrices maghrébines utilisent le mode fictionnel, elles ne se dépa­reillent pas d'un ancrage profond dans la réalité, avec une approche de documentariste ou de sociologue. Elles n'utilisent pas une approche féministe. Nous le constatons encore ici avec la nouvelle génération, leur travail est posé en ter­mes d'analyse du social. Les femmes soulèvent des problématiques liées au peuple. Elles ne se positionnent pas dans une dialectique sexiste. "Plutôt que d'opérer dans leurs films un renver­sement mécaniste, elles ont choisi de lutter pour créer les conditions qui permettront un jour aux

femmes de prendre la parole en tant que telles". Ce constat exprimé dans CinémAction (79) à propos des films d'Assia Djebar et de Selma Baccar se révèle particulièrement juste car lors­qu'on analyse le travail des femmes maghrébines depuis les années 75, on constate l'élaboration et l'évolution d'une stratégie qui a dû, certes, se construire infonnellement mais qui dénote une attention sur le passé et sur la construction d'une mémoire collective : utilisation de l'interview dans le documentaire, relations croisées entre présent et passé par le montage de documents d'archives, par l'utilisation des flash-backs, mélange entre fiction et documentaire, liens importants avec les autres arts (notamment la lit­térature). Depuis une vingtaine d'années, un lien filmique s'est crée avec la "Diaspora" dont les motivations principales s'inscrivent dans la volonté de donner à entendre la parole de leurs ancêtres et de leurs familles. Egalement très orientées dans le documentaire, les femmes d'ori­gine maghrébine ont réalisé des travaux qui se posent en relais de l'Histoire, inscrivant la pro­blématique de l'immigration qui fragilise encore plus les femmes. Leïla Habchi a ainsi réalisé "Exil à domicile" (93) et Yamina Benguigui a aussi exploré cette voie avec "Mémoires d'immi­grés" (98) où elle capte les points de vue des hommes et des femmes. Avec "Sous les pieds des femmes" (97), l'alésienne Rachida Krim utilise la fiction pour porter un regard sur la place des fem­mes algériennes. Les démarches sont nombreu­ses. Elles se posent volontairement en relais dans une boulimie qui n'a d'égal que le poids de la cen­sure appliquée aux femmes. Il faut voir dans ce mouvement une clé possible pour l'établissement des droits des femmes et donc pour 'instauration de la démocratie au Maghreb. Ce constat trouve sa résonnance dans les propos de Laure Adler (recueillis par Muriel Fourlon, rencontres d'Averroès, Marseille, 2001) : "...L'existence possible d'une démocratie, dans les pays du Maghreb notamment, passe par la reconnaissance ipso facto du statut de la femme. Il faut commencer par reconnaître l'importance et l'apport des femmes, les responsabilités qu'el­les savent prendre..".

Catherine Gheselle

Entretien avec Rachida Krim

    Les réalisatrices prolongent leurs démarches en allant filmer dans leur pays d'origine. Rachida Krim est née en 57 à Alès. "Mon histoire est très alésienne et cévenole. J'ai toute une autre histoire qui me tient à coeur parce que l'Algérie, c'est le pavs de ma famille. C'est toute une dimension fantasma­tique mais je suis née en France et si je parle de l'Algérie, on me met dans une case. Or je ne le veux pas. Mon regard est différent et je ne peux pas me permettre de juger le Maghreb et ses cultures même si c'est ce qui me fait travailler" nous dit-elle.

Comment en êtes vous venue à faire du cinéma ?

Au départ je suis plasticienne. J'avais envie de raconter des histoires pour faire le lien avec les ancêtres, d'aller vers ce passé, de comprendre ce qui n'est pas verbalisé. C'est par le cinéma que je suis passée pour rentrer dans mon histoire car même si je n'ai pas été déchirée entre deux cultures, il y a quand même des choses impalpables qui planent autour de vous comme le déracinement, le déchirement d'une famille qui a dû immigrer.


Qu'est ce qui vous a donné envie de
réaliser "El Fatha" en 92 ?

J' avais envie de raconter un souvenir qui m'avait marqué en Algérie. C'est un mariage traditionnel auquel j'ai assisté quand j'avais 17 ans. Cet évé­nement m'a marqué parce que les époux ne se connaissaient pas. Il devait apporter la preuve de sa virilité et elle, celle de sa virginité. Après que les mariés soient entrés dans la cham­bre nuptiale, des femmes s'y sont introduites pour sortir le drap taché de sang. J'ai été très choquée et j'ai voulu parler en même temps de l'ambiguïté de cette cérémonie et de la beauté de l'ambiguïté, c'était très mélangé. Pour l'homme, c'est aussi une violence qui lui est faite, il doit aussi garantir de sa virilité. Ce n'est pas évident, en plus avec tout ce qui se passe autour : les gens, la fête, les bruits...de déflorer une jeune fille qu'il ne connaît pas, c'est aussi violent pour lui que pour elle. Je n'ai pas voulu avoir un regard féministe. Ce n'est pas un jugement, c'est juste un regard. Ce film a rem­porté de nombreux prix et il est enco­re passé à l'Institut du Monde Arabe cet hiver (Rétrospective cinéma "Maghrébines entre deux mondes et Femmes cinéastes du Maghreb" Octobre et Novembre 2001, ndlr)

 Dans "Sous les pieds des femmes" en 97, vous interrogez le statut des femmes dans la culture arabe...

Ce film est un peu autobiographique. C'est l'histoire d'une femme qui pour­rait être ma mère. C'est un film sur les Algériens pendant la guerre qui racon­te le passé et le présent sans mani­chéisme. Le combat des femmes dans nos sociétés est inscrit depuis long­temps. Il faut remonter à l'invasion arabe du Maghreb pour rencontrer les femmes guerrières. A chaque grand tournant de l'histoire, les femmes sont présentes. Ce n'est pas parce qu'elles s'occupent de la sphère domestique qu'elles ne luttent pas.

Avec "La femme dévoilée", vous uti­lisez le registre humoristique...

Les algériens ont beaucoup d'humour. Il est question du rapport oedipien. Ce film est bourré de clins d'oeil car le rapport mère-fils est chez nous très important. Parce que les mères et les fils forment un couple la plupart du temps. Ce court métrage a obtenu beaucoup de prix au Maghreb.

Actuellement, Rachida Krim termine le bouclage financier de son prochain film, "Mektoub.com", l'histoire d'une bande de jeunes qui émmigrent vers la France. "C'est une façon de parler de cette nouvelle génération qui n'a rien à voir bien sûr avec celle de nos parents." Si elle questionne ainsi le passé et le présent, c'est que, comme nous le dit Rachida en conclusion de notre rencontre "// faut du temps pour raconter l'Histoire".

Catherine Gheselle

 

par Catherine Gheselle publié dans : Articles cinéma 2002
Mardi 1 février 2005
Rencontre avec le réalisateur et le scénariste du film "Le gone du Chaäba"

Christophe Ruggia, jeune réalisateur, et Azouz Beggag, scénariste pas encore ministre, s'entretiennent avec moi de leur film "Le gone du Chaäba", roman autobiographique d'Azouz Beggag librement inspiré par Christophe Ruggia.


















Azouz Beggag et le jeune et excellent Bouzid Negnoug.
Ci-contre, Bouzid et Christophe Ruggia.

 Photos Alain Dagbert





Je me souviens également dans ce film de l'excellent jeu des acteurs Mohamed Fellag qui joue le père du petit gone et de François Morel à l'humanité débordante.


Voir l'article ?
par Catherine Gheselle publié dans : Articles cinéma 1998
Mardi 3 août 2004
Les Be Goodies de A à Z : 6 filles dans la mouvance punk-rock

       De gauche à droite : Marie-Jo la guitariste, Coco la chanteuse, moi à la batterie
           Le bras tendu, Géraldine la bassiste puis Anne-Laure l'accordéoniste et Elise, 2e guitare

La joie se lit sur nos visages. Nous sommes en 2000, nous allons donner notre premier concert à l'occasion de la fête de la musique.

Suivrons 4 années palpitantes, 40 concerts, de l'extase, de la joie, de la sueur et aussi des larmes (d'émotion).

Tout a commencé au Carré des Halles, notre QG. Ce café de Lille qu'anime toujours Alain existe depuis....j'y allais déjà dans les années 85. S'il y a un endroit qu'il ne faut pas louper à Lille, c'est bien le Carré des Halles. Endroit très sympa où la musique est reine et d'ailleurs de nombreux groupes ont fait leurs début dans cet endroit.

Nous avons commencé par des reprises, ne connaissant rien (mais rien de rien) à la musique. Bien sûr beaucoup de travail pour en arriver là ! Mais quel plaisir et je conseille à tout le monde de se lancer. Notre répertoire était très rock et punk :
The Clash : Should I stay or should I go
The Stooges : I wanna be your dog
The Pretenders : Brass into pocket
Them : Gloria
....

Puis, l'expérience et la technique aidant, nous avons rapidement entamé la création de nos propres morceaux. Je crois qu'avec mon expérience théâtrale du Guédo, cela reste la plus belle partie de ma vie.
par Catherine Gheselle publié dans : Articles musique
Vendredi 16 août 2002

"Les forts, les faibles" de Jean-Marie Piemme
 

Photo Azzuro Matto - Isabelle Meister

Entretien avec Philippe Morand

Les aspects novateurs de l'écriture contempo­raine  mise en scène lors de ces      XXIX èmes rencontres d'été de La Chartreuse à Villeneuve lez Avignon sont illustrés à plu­sieurs niveaux dans le texte de Jean-Marie Piemme. " Les forts, les faibles, dit l'auteur belge, raconte neuf trajectoires du présent quand chacun marche au bord du vide ". Si les spécificités de son écriture peuvent dans un premier temps dérouter, il n'en reste pas moins que cette forme est particulièrement efficace pour éclairer ce qu'il y a de plus diffi­cile à mettre en lumière chez l'être humain : ses propres contradictions. Très actuelle, la pièce démonte les mécanismes des idées d'ex­trême-droite en renvoyant chaque spectateur à ses propres forces et faiblesses. Rencontre avec un metteur en scène dont la scénographie est résolument à l'écoute de l'auteur.

Philippe Morand, comment s'est passé votre rencontre avec ce texte ?

Je connais Jean-Marie Piemme depuis long­temps. En 94, il m'envoie son manuscrit qu'il vient juste de terminer. J'ai tout de suite eu un coup de coeur pour l'importance de ce texte et la façon dont il racontait les choses. J'ai cherché pendant cinq ans les moyens de le produire puis j'ai décidé de le mettre en scène dans le théâtre que je dirige à Genève en le produisant avec nos moyens. Le Théâtre de Poche étant tout petit, je décide d'inventer un dispositif en enlevant tous les fauteuils de la salle et en jouant mur à mur avec deux gradins de chaque côté, donc le public est en situation bi-frontale. C'est la scénographie adoptée. Avec ce procédé, je pense que ce spec­tacle n'aura pas d'exploitations dans d'autres théâ­tres. Pourtant, comme c'est vraiment un gros suc­cès, nous le jouons à Lausanne avec le même dispositif, à Charleroi avec un accueil extraordi­naire, puis à Neuchatel. Ensuite on reprend une très longue série au Théâtre de poche; cela conti­nue à marcher. Et, miracle des miracles, Daniel Girard (co-responsable de La Chartreuse, ndlr) vient le voir, et quelques jours plus tard il nous propose de venir le présenter à La Chartreuse.

Quelles sont, selon vous, les particularités de l'écriture que propose l'auteur?


Je crois que Jean-Marie Piemme a une spécifici­té, c'est qu'il ne produit pas la copie conforme d'une réalité. Il observe bien évidemment les mécanismes politiques, sociaux, économiques, culturels mais il invente des figures et leurs donne un langage qui n'est pas la copie conforme de la réalité mais un matériau travaillé. Ce qui fait que cela crée un léger décalage qui n'est pas un décalage de la réalité reproduite mais de la réalité réappropriée par la langue de Jean-Marie Piemme. Il y a aussi une juxtaposition des mon­tages dramaturgiques, de scènes brèves avec des scènes plus importantes dans une narration qui n'est pas linéaire. Jean-Marie Piemme raconte par séquences, par fragments une micro-société. On saisit les personnages chaque fois dans des scè­nes différentes, à des moments différents. On les capte comme si tout à coup un projecteur éclairait un moment donné de leur vie ou de leurs rapports avec les autres.

Quels ont été vos parti-pris pour mettre en scène cette façon d'écrire ?


Avec une mise en scène bi-frontale, il existe une relation interactive avec le public créant ainsi un rapport particulier avec chaque spectateur, un rapport mis en relief par une absence de décor qui crée dans le même temps cet effet où le public se voit comme réfléchi, il est lui-même pris dans le prisme de la lumière. Cet aspect est très impor­tant car il donne l'impression d'un ring où se dispute un combat avec la langue, avec les idées, les corps. La dimension physique est en effet très importante dans les textes de Jean-Marie Piemme : il y a une corporalité, c'est-à-dire un engage­ment physique. On s'aperçoit en mettant en scène ses textes qu'il ne s'agit pas de quelqu'un qui, à sa table, écrit uniquement avec brio des phrases for­tes, des rapports forts entre les individus mais qu'il induit aussi tout une série de rapports phy­siques entre eux.

Le titre, "Les forts, les faibles", peut induire un côté manichéen. Or on ne le retrouve pas dans la pièce. Les personnages sont faits de contradictions. Comment avez-vous travaillé ces aspects contradictoires au plus près des personnages ?

Mon souci de metteur en scène est d'abord de ser­vir l'auteur, de le comprendre, de ne pas plaquer des idées supplémentaires, d'essayer au contraire d'être au plus près du sens de l'auteur. Je crois que l'ensemble des contradictions des personnages est tellement bien écrit qu'il y a déjà pour les acteurs et pour le metteur en scène, qui est pour moi un accompagnateur d'acteurs, tellement de choses à jouer, précisément parce que ça n'est pas manichéen, parce que chaque personnage à sa chance. Aucun n'est taillé à la hache dans une espèce de parcours linéaire. On est, suivant les situations, suivant les rap­ports, suivant les enjeux, parfois un fort, parfois un faible. Et le danger réside précisément là, quand tout à coup les rapports de force s'inver­sent, quand le manichéisme resurgit pour des rai­sons qui deviennent à ce moment-là des raisons populistes d'une extrême-droite qui s'ancre en Europe.

Nous parlions des douleurs du corps, ce corps social, pourait-t-on dire. Ce corps enfante ? Comment lisez-vous la fin de la pièce ?

Justement, on fait de nouveau la lecture la plus
proche de ce que propose Jean-Marie. Cela reste du coup une lecture très ouverte et dans laquelle plusieurs interprétations sont possibles.

Propos recueillis par Catherine Gheselle

par Catherine Gheselle publié dans : Articles théâtre
Samedi 21 avril 2001
   Le Burkina  Faso célèbre le cinéma à Ouagadougou


                                                                                           
Le FESPACO, Festival panafricain
du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou

    Mission de 3 mois en tant que journaliste pour le Fespaco.

Occasion de découvrir le cinéma africain et aussi le Burkina Faso, le Pays des hommes intègres. Et des femmes bien sûr. Elles sont nombreuses à s'investir, à faire bouger les choses. Rencontre avec Georgette Paré.

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par Catherine Gheselle publié dans : Articles cinéma 2001
 

INFOS EN BREF

                
                                                 

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